NOS PATOIS BRESSANS par Georges BERT (13ème partie)

Autre délire : le 14 Juillet en haute Marne du côté de Bologne.

La coutume veut qu’au 14 juillet, avant d’aller voir les feux d’artifice et danser, on se réuni pour partager la fameuse galette aux hannetons.

Les hannetons, devenant de plus en plus rares, cette tradition a bien failli disparaître si un autre habitant, très lucide,  n’avait eu cette géniale  idée. La préparer aux doryphores qui sont également des herbivores. Bien vu !! Mais à présent les doryphores disparaissent à leur tour et de nouveau la tradition est en danger.

 Avec le NET les infos circulent rapidement et des gens du Haut Doubs,  bien ancrés avec les traditions, touchés profondément  par cette tragédie  se sont dit « il faut absolument sauver et  perpétuer leur tradition,  si on la faisait renaître, mais chez nous,  avec les Meligethes  du Colza, également herbivores et nuisibles «. Dans une réunion mouvementée,  Il en a été décidé ainsi. Mais voila au 14 Juillet, les colzas sont mûrs et plus de Meligethes !!  Après concertation et maintes réflexions,  des gens de Maiche et Charquemont  sont désignés pour intervenir auprès des autorités compétentes  pour envisager de déplacer le 14 Juillet vers la  mi Mai, période où affluent les Meligethes !! Affaire à suivre !!

 

 

Les gaudes

Que se soit en Bresse Louhannaise ou dans le bas Jura, c’était la même chose. C’est de cette spécialité que j’ai bien connue dont je vais parler.

Les gaudes n’auraient pas vu le jour si n’était arrivée, en Bresse, une nouvelle céréale, le maïs ! Des écrits attestent sa présence au 17 ème, dès 1620. C’était un maïs blanc à grains ronds, qui, torréfié et moulu, donnait une farine fine. Cette farine appelée (gaudes), était la base de bouillies, sablés etc.

Ah les gaudes ! Toute une histoire et un savoir faire.

J’me r’sevin surtout des an-nées d’aprês la guêrre 39-45.

A la ferme on cultivo apeu on migeo des gaudes c’men tout le monde. Quand arrivo l’automne, le trqui éto meu, on le cueillo à la main et le souère , aveu les vouésins on l’échéillo.

Les p’nèilles bien meures on y lesso deux échèilles pou faîre les nious. Quand on trouvo ènne p’neille bien finie mê pas meure, les grains enco en lait, on enlevo tout et on metto de couté , yéto les gaudes.

A s’tépoque on fio note pain tous les 10jeux. Un coup l’pain queu,  dans le  fo  enco chaud, on y metto les p’neilles à sochi le premé cô, apeu la prochaine queute on les r’metto pou qui crampe è grilli etc. au bout de 3-4 ou5  queutes  il étin bonnes à vougrer et à  emmouner au m’lin. Yéto tout le temps des p’tiotes quantités  quéques kilos.

Il se conservan mal, il rancissan vite.  Y foyo choisi son m’lin! y’en avo qui fyin meilleur que des autres. Questian de meules et de vitesse, y foyo qui vire doucement et a ptio débit et surtout qui breule pas,  mê poutian qui bèille un ptiot goût de pierre à fusil. D’après des spécialistes! Quand arrivo le souère que ma mère allo tiri les vèches, il démélo les gaudes aveu de l’io  apeu du sel é il les metto  à queure su le poèle à 4 trous.Y queu longtemps des gaudes,  apeu yéclabousse tout au teu du faitout Ya ben des côs qui breule un ptiot bout atou .

Y fê d’la raseurre  qu’en batto pou en avouère, Yavo poutian pas de quoué ! A taule chacun préparo  son assiettée, les uns aveu seulement  du lait,  d’autres lait  apeu du sucre, on fio alors un trou pou que le lait mié d’dans, d’autres  seulement du sucre. Auj’deu’  migi des gaudes rapale des souvenirs,  mê yé pu les mêmes, alors j’men sert pou fêre grilli les pouéssans !apeu pou fêre des croquets, yé pas mal non pu ! 

( Quand on en avo ène bonne platrée  su la palote on pouvo ben dremi toute la né) ! 

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