Toponymie et Hameaux de Sens

SENS-SUR-SEILLE

 

com., can. de Saint-Germain-du-Bois

Sancis, 1096 (Saint-Marcel, 10). — Cincinum, 1157 (Dunod, Hist. des Séquan., pr., p. XCV). — Senciacum, 1184 (ib., pr., p. C 11). — Ecclesia de Sanz, 1275 (Pouillés de Besançon, p. 16). — Senz, 1311 (C.O., B 10424, n° 62, f. 100). — Sans, 1498 (Miroir, H 114). — Curatus de Sanco, 1571 (Gén. Bouton, pr., p. 141). — Sens, 1578 (C.O., C 4767, f. 199). — Sans, alias Sens ou Sense-sur-Seille, jadis Sains, 1780 (Courtépée, III, p. 415 et 454). — Sens, 1783 (Nouv. état gén., f. 298 v.). — Sens-sur-Selle, 1953 (décret du 27 janvier).

En 1789, Sens-sur-Seille dépendait du bailliage de Chalon-sur- Saône et de la recette de Saint-Laurent. Son église, sous le vocable de Saint-Remi (Courtépée, III, p. 454 ; de Saint- Germain suivant l’Annu. de 1856, p. 415), du diocèse de Besançon, doyenné de Lons-le-Saunier, à la collation de l’abbaye de Baume-les-Messieurs. Chapelles à Condé et à Visargent. En la période intermédiaire, Sen-sur-Seille a été chef-lieu d’un canton. qui de 1790 à l’an IV a fait partie du district de Louhans et a été placé en l’an VIII dans l’arrondissement de Louhans.

 C’est un décret de 1953 qui lui porta définitivement son nom « Sens-sur-Seille ».  Le cartulaire de Saint marcel[1], aux alentours de 1090, fait mention de la ville de Sans  ou Sancis où Aia, la fille de Laurent, servant de Saint Marcel, sœur d’Oddon, Meschin et Gislebert vend à Maître Leodegario, doyen de Ruffey, une vigne et un curtil qui est dans l’angle dans la ville que l’on appelle « sancis ».

Les preuves pour l’abbaye de Baumes-les-Messieurs, en 1157, évoque le nom de Cincinum. On trouve également[2] : Senciacum (1184) ; Saens ; Sans (1498). Je tiens, par ailleurs des anciens et de ceux qui parle le Bressan en général, qu’on le prononce comme « SANS » et non « Sense ».


[1] Dictionnaire topographique de la France – Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques – Collection de document inédits sur l’histoire de France © CTHS – Paris 2009.


[2] Cartulaire du prieuré de Saint-Marcel-lès-Chalon / publié d’après les manuscrits de Marcel Canat de Chizy ; par Paul Canat de Chizy (Louis Marceau Imprimeur-1894).

Formes anciennes

• Cincinum (Sens-sur-Seille)

• Saens (Sens-sur-Seille)

• Sancis, Sanco (Sens-sur-Seille)

• Sans, Sanse (Sens, Sens-sur-Seille)

• Senciacum (Sens-sur-Seille)

Les Hameaux

 

Argillet, Bois-de-Long, Bure, Cabertes, Chaneviz, Champs-de-Seille, Château-Gaillard, Condé, Corales, Corbière, Etalet, Gérans, Lorins, Notre-Dame, Serrée, Tuilerie, Varennes, Visargent

 

Argillet

1421 (Généalogie Bouton, p. 21, Guillemin). — L’Argillet, 1856 (Annuaire, p. 415) et 1949 (25 000e). — Largillet, 1951 (I.N.S.E.E., p. 157, col. 2).

 Terrain Argileux, où l’on retirait l’argile pour les constructions.

 

Bure

• Beure 1490 (Beurey, Bure, Reure)

• Burt (Bure)

L’origine du nom peut se retrouver dans le haut-allemand (bûr) puis dans le vieux français (buron) qui veut dire cabane. La bure ou beure était l’habitat des Castors qui proliférait le long de la Seille et il est possible que des charbonniers habitaient originellement le site (leurs cahutes ressembles aux monticules des castors). 

 

Les Cabertes

Lieu detruit trace en 1539

 

Chaneviz

Lieu détruit trace en 1539, fief de la seigneurie de Bosjean

 Fait référence au chanvre dont les ancêtres bressans faisaient de la corde. Ce lieu devait servir fréquemment à la culture du chanvre.

 

Les Champs de seille

 Trace en 1539, Fief de la seigneurie de Bosjean

Terrains appartenant à la paroisse. où les bêtes pouvaient paître. (Champoyer)

 

Chateau-gailllard

Les villes, ou lieux-dits de France, portant ce nom sont souvent des endroits où l’on a édifié un château sur une butte, comme celui des Andelys où furent enfermées les belles-filles de Philippe IV Le Bel. Dans le cas de cet ancien hameau la topologie de l’emplacement exclue, à mon avis cette hypothèse.

En l’espèce, on peut voir sur le cadastre de 1825, la position de Château-Gaillard, au coin de la route de Visargent, entre les Corales et Bois de Long

Si je n’ai rien trouvé actuellement pour étayer une autre hypothèse, il serait amusant que ce nom, de manière plus ironique, ait été utilisé pour désigner un endroit où les sens s’aiguisaient… Une étude des archives judiciaires à Mâcon pourrait nous éclairer.

 

Formes anciennes

• Chenet (Château-Gaillard)

• Genets (Château-Gaillard)

• Maison des Genets (Château-Gaillard)

 

 Conde

Du gaulois Condate, (confluent) probablement un très vieux hameau qui a toujours été à part de la paroisse de Sens. En effet, il possédait sa propre chapelle dont Adrian Conduit (1626 – 1628) était dit Vicaire.

Il s’agirait de La Chapelle Saint-Georges,Saint-Roch [1] ou Saint-Jean selon Guillemin.

Conde appartient aux Du Châtel au 17ème siècle, puis aux De la Rodde, aux De Brancion au 18ème siècle et enfin aux De Scorailles.

Le 24 avril 1791, la ville de Saint-Germain-du Bois a demandé de réunir divers hameaux à sa paroisse, dont Conde, afin de l’agrandir dans l’intérêt des marchands avoisinant l’église.[2]

Le Conseil municipal de Sens exposa aux administrateurs du directoire que les habitants de Conde ont intérêt à demeurer à la paroisse de Sens puisqu’ils ne sont éloignés du bourg que de vingt minutes de marche tandis qu’ils sont à une lieue de Saint Germain du bois, avec de mauvais chemins.

Ces habitants devaient, en effet, pour venir à Sens, traverser la rivière de Brenne sur une planche et, en cas de crue, ils devaient prendre le bateau ou passer par le pont de l’Etalet en faisant un détour par la Corbière, hameau de Saint Germain du Bois.


[1] Description générale et particulière du duché de Bourgogne Courtépée, III, pp. 423 et 454.

[2] Registre des délibérations du Conseil Municipal de Sens de 1790 à 1796 (Transcription DT.)

 

Formes anciennes

• Chodes (Conde)

• Codes (Conde)

• Coindes (Condé)1310

• Condes (Condé)1232

• Coude (Conde)

 

Il y existait une Chapelle Saint-Georges ou Saint-Roch (Courtépée, III, pp. 423 et 454). Saint-Jean selon Guillemin.

 

Les corales

Les Corolles, 1892 (Siraud, p. 93, col. 2).

Sur le cadastre du 19ème siécle, plusieurs parcelles de terres cultivables sont rassemblées en les grandes et les petites Corales, de part et d’autre de l’ancienne allée du chateau de Visargent (actuelle allée verte juste après la vierge en venat de Saint Germain du Bois)

L’étymologie du nom peut prendre plusieurs axes ; soit cela peut provenir du caractère amical de la personne à qui appartenait à l’origine, ce terrain (coral, en vieux français a le sens d’amical, sympathique) ou d’un terrain planté de chênes. (Coral : cœur de chêne).

Selon le cadastre de 1825[1], on trouve deux champs appelés grandes et petites Corales. Les grandes Corales étaient coupées, en leur milieu, par l’ancienne route qui menait au château de Visargent.

Mes recherches sur les actes paroissiaux, de 1581 à la révolution, révèlent que ce hameau n’avait pas d’habitation (aucun acte répertorié). En fait,  ce hameau était englobé dans un autre (Visargent).

En 1958, le curé de la paroisse fit ériger un oratoire, le long de la route de Saint-Germain-du-Bois pour permettre des processions plus accessibles à Notre Dame qui se situait à la chapelle de la Chesnaye.


[1] http://www.archives71.fr/archives/arkotheque/cadastre

 

Corbière

Actuel hameau de Saint Germain du Bois

La Courbiere, 1310 (Bellecroix, H). — La Corbiere, 1588 (C.O., C 4768, f. 117 v.). — La Corviere, 1602 (C.O., B 10697). — La Courbierre, 1664 (C.O., C 7168). — La Courbière, 1844 (État-major). — La Corbière, 1856 (Annu., p. 226).

 Ce serait plutôt un mot de franco-provencal qui désigne un lieu où se réunissent les corneilles, corbeaux.)

 

L’Etalet

 

hameau de la com. de Sens-sur-Seille

Lestalet, 1343 (C.O., Coll. Canat, 33 F 275). — Lestaillet, 1490 (C.O., B 11523, f. 158 v.). — Lestallay, alias Lestelley, 1588 (C.O., C 4768, ff. 143 et 144 v.). — Le Portail de l’Etalley, 1602 (Terrier de Layer, Guillemin). — Le Pont de l’Estallet, 1603 (Gén. Bouton, pr., p. 156). — Létalet, 1662 (minutes de Mervans, Guillemin). — Ponts de l’Estallet, chaussée de l’Estalet, 1666 (C.O., C 2887, p. 1053). — Lestallet, 1681 (C.O., B 10846). — Létaley, 1723 (C.O., B 10967). — Létalet, 1760 (État alph., p. 203). — Pont-de-Letalet, 1763 (États- Cassini). — Pont-de-l’Etallet, 1783 (Nouv. état gén., f. 298 v.). — L’Estalet, 1841 (État-major) et 1949 (25 000e). — L’Etalet, 1856 (Annu., p. 415) et 1951 (I.N.S.E.E., p. 157, col. 2). — Létallet, 1866 (Guillemin).

 

Pont sur la Brenne, voie romaine (Guillemin).

Etymologie vague mais pourrait provenir du bas francisque « Stal » (position, demeure) qui a formé en vieux français « astaler » puis étaler. Toponymiquement, on peut imaginer que les fréquentes inondations à cet endroit aient influencé son nom (eau qui s’étale).

 

Gérans

Formes anciennes

• Ageran (Gérans)

• Gerains (Gerans)

 

Gerans, 1374 (C.O., B 10525). — Ageran, 1490 (C.O., B 11523, f. 158 v.). — Gerens, 1503 (C.O., B 11730, f. 78 v.). — Gerains, 1564 (Bouton, pr., p. ???). — Gerent, 1578 (C.O., C 4767, f. 200). — Gerand, 1588 (C.O., C 7206). — Geran, 1656 (C.O., B 10781). — Gérand, 1949 (25 000e). — Gerans, 1856 (Annu., p. 415) et 1951 (I.N.S.E.E., p. 157, col. 2).

L’étymologie du nom n’est pas assurée. Néanmoins, on retrouve un nom de famille Géran au centre de la France, ce nom avait probablement comme origine un nom franc formé sur la racine War (protecteur) comme les noms et prénoms gerin, guérin…

Une des formes du nom du hameau en 1490 est Ageran. Les noms tant de lieux que de famille qui débutent par A… prennent souvent leur source dans l’esprit de possession ou d’appartenance ( à geran = Ageran ) ce qui appuierait cette hypothèse.

 

Les Lorins

 

hameau de la  com. de Sens-sur-Seille

Philibert Lorin, 1476 (C.O., B 11522, f. 133 v.). — Lez Lorin, 1490 (C.O., B 11523, f. 158 v.). — Les Lorrins, 1539 (C.O., B 10613). — Les Lorins, 1550 (C.O., B 10633). — Terrains, 1666 (C.O., C 2887, p. 1053). — Les Lorains, 1763 (États-Cassini). — Les Lorins, 1844 (État-major).

 

Selon le dictionnaire topographique de la France, la plus ancienne référence à ce nom pour Sens est un philibert lorin (1476). En effet mes recherches ont révélé une très ancienne famille Lorin présente dès 1581. Cela tend à penser que le nom du hameau provient de l’installation d’une famille « Lorin » en ce lieu. D’autant que l’article (les) devant le nom du hameau est une marque fréquente d’appartenance à un groupe (les Michelins, les Dameys à Bosjean). Quant à l’origine du nom, il est probable qu’un groupe d’individu provenant de  Loraine ait pu recevoir le surnom de  « Lorins » à moins que ce soit une déformation du prénom Laurent (peu usité en Bresse) venant du latin laurus (laurier).

 

Notre Dame (de la Chesnaye)

chapelle de la  com. de Sens-sur-Seille

Chapelle, à Visargent, 1780 (Courtépée, III, p. 454). — Chapelle, dans le Champ de Notre-Dame, lieu-dit, 1949 (25 000e).

 

La Serrée

hameau de la  com. de Sens-sur-Seille

En parlé Bressan on prononce : la Sarria

La Serrée, 1856 (Annu., p. 415 ; « la Serrée, 1374 » indiqué par Guillemin concerne la Serrée, com. de Saint-Martin-en-Bresse). — La Serrée, alias la Sevrée, 1892 (Siraud, p. 180, col. 2 et p. 181, col. 1). — La Serrée, 1951 (I.N.S.E.E., p. 157, col. 2).

Le nom se retrouve sur plusieurs sites en Bourgogne, je n’en connais pas la signification. Sur le cadastre de 1825, ce lieu se situe sur le document D1, le long de la Seille derrière le château de Visargent.

La Tuilerie

 

Lieu d’emplacement de la tuilerie de Sens sur seille  

A noter qu’il existait une tuilerie à l’Etalet qui fonctionna jusqu’en 1930 mais hors du hameau en question 

En 1783, les nouveaux états généraux en font mention, c’était le lieu d’emplacement de la tuilerie de Sens sur seille.

 

Varennes

Il existe sur le cadastre du 19ème siècle Une parcelle (la 21) à l’Estalet qui se nomme la Varenne.

Une varenne, désigne un domaine de chasse réservé, puis une terre inculte où l’on fait paître le bétail. S’il n’existe plus en tant que hameau, cet endroit est toujours présent sur le cadastre de 1825[1] (section D2) entre L’Etalet et Visargent.


[1] http://www.archives71.fr/archives/arkotheque/cadastre

 

Visargent

Formes anciennes

• Vifargent, Vifz Argent (Visargent)

• Visergent (Visargent)

• Vizargent (Visargent)

Maison fort de Vizargent, 1374 (C.O., B 10525). — Vifargent, 1490 (C.O., B 11523, f. 159). — Visergent, 1550 (C.O., B 10633). — Vifs Argent, 1588 (C.O., C 4768, f. 144). — Visargent, 1666 (C.O., C 2887, p. 97).

En 1789, chapelle au château. (Courtépée, III, p. 454).

Dans le dictionnaire de la noblesse[1], on trouve la trace de Pierre de Brancion, seigneur de Visargent dès le 13éme siècle et descendant de Warulphe de Brancion (vers 960). Le lieu est donc très ancien, mais reste énigmatique sur son origine.

Si les diverses formes anciennes ont quelquefois donné « Vif argent (1490)», il ne me semble pas que le mercure (vif argent autrefois) ait un quelconque rapport.

Au 13ème siècle, la seigneurie de Visargent passe des De viennes aux De Brancion.[2] Les armes de cette maison sont d’azur à trois fasces ondées d’or. 

Le château de Visargent date de la limite entre le 17ème et le 18ème siècle. Toutefois, en 1374, on note l’emplacement d’une maison fort de Visargent. 


[1] Dictionnaire de la noblesse – De la Chenaye-Desbois et Badier  – Ed. Schledinger frères 1865

[2] Base Mérimée du Ministère de la Culture – http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/

 

 

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